Les grades du Shorinji Kempo

Le Shorinji Kempo est un art martial japonais de création relativement récente, puisque sa fondation date de 1947. Le système des grades du Shorinji Kempo reprend donc le système japonais moderne des grades, avec les «kyu» et les «dan».

Ce système de grades a été créé au Japon durant l’ère Edo (qui va du début du 17ème siècle à la première moitié du 19ème siècle), pour marquer les niveaux dans les différents arts et métiers. Les arts martiaux japonais traditionnels avaient quant à eux un système de qualification et d’expertise bien différent…

C’est à la fin du 19ème siècle que Jigoro KANO utilise le premier ce système pour un art martial, celui qu’il vient de créer : le Judo.

Lamotte-Beuvron Shorinji-Kempo En Shorinji Kempo, ce système de grades est appelé «Bukaï», c’est à dire système martial.

Pour marquer la progression des pratiquants du Shorinji Kempo, les Kenshis passent régulièrement des examens de grades Bukaï.

Les premiers grades sont les kyu : du 6ème (ou depuis le 8ème kyu pour les enfants) au 1er kyu les pratiquants sont appelés «Kyukenshi», puis viennent les dan : les pratiquants, appelés «Yudansha», progressent cette fois depuis le 1er jusqu’au 9ème dan.

Le programme technique général du Shorinji Kempo est fixé par la W.S.K.O., c’est à dire que tous les dojos faisant partie de la fédération mondiale étudient les mêmes techniques, dans la même progression.

Les grades W.S.K.O. sont répartis en 2 programmes d’études : le programme Kyukenshi, du 6ème kyu au 1er dan (jusqu’à leurs 13 ans pour les enfants il existe un programme spécifique débutant au 8ème kyu et allant jusqu’au 1er dan), et le programme Yudansha du 2ème au 6ème dan (regroupant les grades intermédiaires, 2ème et 3ème dan, et les grades supérieurs : 4ème dan et au-dessus).

Ainsi, quand on est débutant (le terme japonais utilisé en Shorinji Kempo est «Minaraï») on étudie le programme permettant d’accéder au 6ème kyu (un enfant minaraï commencera par le programme pour obtenir le 8ème kyu, puis le 7ème kyu, avant le programme du 6ème kyu, etc), le programme du 6ème kyu étant celui pour accéder au 5ème kyu, et ainsi de suite jusqu’au 5ème dan, qui est le dernier grade pour lequel il y a un programme technique spécifique, celui permettant d’obtenir le 6ème dan.

Différentes ceintures matérialisent ces grades : un minaraï portera une ceinture blanche, pour les grades enfants 8ème et 7ème kyu, les jeunes Kyukenshis porteront une ceinture jaune, puis ce sera une ceinture verte du 6ème au 4ème kyu, ensuite une ceinture marron du 3ème au 1er kyu. A partir du 1er dan, les Yudanshas porteront une ceinture noire.

Le programme Kyukenshi permet d’étudier les bases du Shorinji Kempo, et quand elles sont acquises on devient alors «shodan» (初段), qui signifie «première marche», c’est à dire également «débutant» en japonais. On est donc 1er dan, et on porte une ceinture noire.

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A partir du 1er dan il y a un deuxième système de grades qui s’ajoute aux grades Bukaï, techniques : les grades «Hokaï», philosophiques.
Du 1er au 4ème dan ces grades Hokaï s’acquièrent en même temps que les grades Bukaï.
On passera ainsi : shodan «Junkenshi»,
puis : 2ème dan («nidan» 二段) «Shokenshi»,
ensuite : 3ème dan («sandan» 三段) «Chukenshi»,
et pour finir : 4ème dan («yondan» 四段) «Seïkenshi».

A partir du 5ème dan, les grades Hokaï sont acquis séparément : après avoir obtenu le grade Bukaï du 5ème dan («godan» 五段), on passera le grade Hokaï de «Daïkenshi», puis le 6ème dan («rokudan» 六段), ensuite «Junhanshi».
Suivra le 7ème dan («nanadan» 七段), puis on devient «Seïhanshi», après le 8ème dan («hachidan» 八段), puis «Daïhanshi», et pour finir le 9ème dan («kyudan» 九段)…

Le «Kenshi» est un pratiquant du Shorinji Kempo, et «Hanshi» signifie personne référente, modèle, expert, maître…

Voici une traduction des différents titres philosophiques du Shorinji Kempo :
• Junkenshi : 准拳士 → «apprenti» pratiquant du Shorinji Kempo,
• Shokenshi : 少拳士 → Kenshi d’un petit niveau, dans le sens de premier niveau de pratique,
• Chukenshi : 中拳士 → Kenshi de niveau intermédiaire,
• Seïkenshi : 正拳士 → Kenshi d’un bon niveau,
• Daïkenshi : 大拳士 → Kenshi d’un haut niveau.
A partir du 6ème dan :
• Junhanshi : 准範士 → modèle,
• Seïhanshi : 正範士 → expert,
• Daïhanshi : 大範士 → maître.

Jusqu’au 5ème dan les grades Bukaï sont considérés comme des grades d’apprentissage, et au-delà comme des grades de maîtrise. Cette progression est renforcée par les grades Hokaï acquis séparément.

En France, les examens de passages de grades du Shorinji Kempo se déroulent généralement durant les stages fédéraux, devant des examinateurs qui sont enseignants dans les dojos nationaux.
Cependant, pour les grades jusqu’au 4ème kyu, les passages se font le plus souvent en club, par le professeur du dojo. Ces grades sont ensuite validés lors du stage fédéral suivant, par le dépôt du dossier d’examen auprès de la fédération française de Shorinji Kempo.

Tous ces grades seront ensuite enregistrés auprès de la fédération mondiale du Shorinji Kempo, et sont ainsi reconnus dans le monde entier.

Depuis que le Shorinji Kempo français a intégré la Fédération Française de Karaté au début des années 2000, un représentant de la F.F.K. est présent lors des examens fédéraux de ceintures noires, pour valider les grades du Shorinji Kempo par la C.S.D.G.E., compétente en France pour les grades japonais des arts martiaux…
On peut ainsi dire que pour le Shorinji Kempo en France, à ces deux systèmes de grades techniques et philosophiques, s’y ajoute un troisième : le système des grades administratifs!

Shorinji Kempo