Entraînements à Viry-Châtillon

Je viens suivre à peu près régulièrement des entraînements à Viry-Châtillon depuis l’année dernière, les mardis et parfois les vendredis dans le dojo de Didier CAMP, que je considère comme un des meilleurs experts français de Shorinji Kempo.
Ce mardi 12 septembre, l’entraînement commençant à 20h00 je me suis garé sur le parking vers 19h30, je suis large.
En arrivant dans le hall d’entrée du complexe sportif Edmond DELFOUR, je me rends compte que je suis un peu fébrile car c’est en fait ma première rentrée depuis bien longtemps, comme simple élève dans un nouveau club! L’année dernière j’avais pris la saison sportive en cours de route et le groupe était déjà constitué. Là je ressens une petite excitation à attendre mes camarades d’entraînement de l’an passé, et j’ai hâte de découvrir les nouvelles têtes.
Progressivement les gens commencent à arriver, les anciens se saluent et déjà dans le hall il y a pas mal de monde en train d’attendre, s’observant ou discutant en petits groupes.
Didier arrive aussi, accompagnés de quelques anciens, on va chercher le matériel pour l’entraînement, des plastrons et des paos.
Après avoir indiqué la direction des vestiaires aux nouveaux nous montons au dojo nous préparer, il est bientôt l’heure.
Rapidement, pour les saluts du début du cours les lignes sont formées, alternant un rang d’anciens avec les débutants. Didier souhaite la bienvenue aux nouveaux puis explique succinctement l’étiquette du Shorinji Kempo et la trame de l’entraînement qui va débuter. Je sens les anciens concentrés et les débutants curieux de démarrer le cours.
Après un échauffement rapide d’une dizaine de minutes, Didier explique qu’en Shorinji Kempo ce premier échauffement n’en est pas réellement un dans le sens qu’on peut lui donner en sport, mais que le taïso du Shorinji Kempo sert en fait à réaliser un check-up complet du corps pour en connaître l’état général, savoir où sont les petits blocages, les raideurs ou les douleurs, permettant ainsi de faire attention durant le reste de l’entraînement aux zones faibles et éviter ainsi de se blesser. Didier explique que l’échauffement sera plus l’objet du kihon qui suit, un travail des bases à vide avec des déplacements, des mouvements de frappes des pieds et poings, des parades et des enchaînements seul puis à deux permettant de monter en température, comme une sorte de préparation physique spécifique.
Ensuite, en binômes d’un débutant associé à un ancien, nous nous équipons d’un plastron et d’une paire de paos pour une mise en application des mouvements réalisés juste avant dans le vide, différents exercices de musculation et cardio permettant de gérer les distances, les niveaux et les angles de frappe.
Didier explique qu‘après ces exercices de préparation physique suivent habituellement dans un cours de Shorinji Kempo les mises en application en combat libre de différents niveaux allant du sparring léger jusqu’au combat libre à frappe réelle, en utilisant ou non du matériel de protection. La saison sportive commençant tout juste avec un beau contingent de débutants, cette partie de l’entraînement sera abordée d’ici quelques semaines, le temps que tout le monde est acquis un bagage technique et stratégique suffisant pour pouvoir s’exprimer.
Le cours continue ensuite avec la philosophie, et comme à chaque entraînement, souvent après les combats, le professeur d’un club de Shorinji Kempo développe un principe éthique, technique ou stratégique de notre discipline.
Le thème choisit ce soir par Didier est budo. Il nous explique que le Shorinji Kempo fait partie au Japon des six ou sept écoles de Budo classées comme méthodes officielles d’éducation populaire. Didier reprend l’étymologie du mot pour en donner une définition, expliquant qu’il s’agit principalement d’aborder la pratique du Shorinji Kempo comme un travail sur soi et avec les autres, permettant d’arrêter la violence.
Ensuite les groupes sont séparés par niveaux pour l’étude des techniques codifiées du Shorinji Kempo, les débutants avec les anciens de deuxième ou troisième année, les élèves confirmés ceintures marrons, puis les ceintures noires ensemble. Tous les groupes finiront par être de nouveau mélangés pour pratiquer ensemble des enchaînements codifiés pieds-poings, dégagements de saisies et clés, travail de lutte et de contrôle au sol. Comme c’est le début de la saison, toute la palette technique du Shorinji Kempo est explorée pour en montrer la richesse aux curieux venus s’essayer à notre discipline. Le temps manque pour tout approfondir car les deux heures s’achèvent rapidement et un ancien prend en charge des exercices de musculation. Le cours est maintenant fini, nous nous replaçons toutes et tous en lignes pour les saluts finaux.
Après nous être changés nous nous retrouvons dans le hall pour discuter ensemble encore quelques minutes, avant de rentrer chacun chez soi. Ça y est, c’est la reprise!

Laurent LEGUAY – professeur de L.B.S.K.